Ma grossesse : le premier trimestre



Alors que mon 6ème mois de grossesse est maintenant déjà bien entamé, je me dit qu'il est temps et plus que temps de vous raconter mon premier trimestre. Moi qui trouvais le temps long, à l'écriture de cet article, je réalise comme il passe extrêmement vite.


La découverte


Il semble qu'avec les années mon intuition se perde. Pour Esteban j'ai été convaincue de ma grossesse avant même que le gynécologue et les tests le soient. Pour Eléa, c'est Esteban qui m'a lancé un "Maman a un bébé dans son ventre" avant de partir en riant. Le test fait le lendemain était positif. 
Cette fois, rien ni personne ne m'a mis la puce à l'oreille. Étant en arrêt de travail suite à des problèmes de santé, je me suis rendue chez mon médecin traitant afin de faire le point sur les différents examens faits et prévus. J'en profite pour lui signaler que je suis nauséeuse du matin au soir, j'ai même arrêté de fumer, pensant que c'était la cigarette qui me rendait malade (et c'était sûrement pas faux non plus). Mon médecin me demande évidemment si je ne pourrais pas être enceinte? Je lui réponds que non, non, nous avons eu un doute il y a plusieurs semaines, la prise de sang était négative et nous avons donc pris toutes nos précautions ensuite. Tu la vois là, la tête pas convaincue de mon médecin? Nos sommes un jeudi, j'ai une scintigraphie osseuse programmée le lundi. Comme cet examen ne peut pas être réalisé en cas de grossesse, elle me prescris un test sanguin à faire l'après-midi même, et demande d'avoir les résultats en urgence.
Me voilà donc au laboratoire, toujours pas convaincue, qui fait ma prise de sang. Le laborantin me donne un numéro de dossier et me dit d'appeler dans deux heures pour avoir les résultats.
À la maison, je compte les minutes et je commence à douter... et si j'étais enceinte? Non, ce n'est pas possible me répond mon compagnon. Ok, j'attends. Puis vient l'heure de l'appel. "Félicitations" me dit la dame au téléphone. "Vous êtes contente?"... oui, non... oui, je ne m'y attendais pas du tout en fait.
Dans ma tête c'est la surprise et la panique : "Comment je vais faire avec 3 enfants? Ce n'est pas le bon moment, Eléa est encore si petite! Comment va réagir le Papa?" mais dans mon cœur, c'est une déferlante d'amour, je vais être Maman, et ça me remplit de joie.


L'annonce


La première personne à qui nous l'avons annoncé, c'est Esteban, notre grand garçon. Il n'a exprimé aucune crainte ni surprise, mais directement de la joie pure. Je crois qu'au final, c'est sa réaction qui a rassuré mes craintes et a fait raisonner cette petite voix qui me chuchote que tout ira bien. 
Nous lui avons demandé de garder le secret quelques semaines. La famille proche de mon compagnon devait venir à la maison pour le réveillon de Noël. Le 26, Eléa avait 1 an. Et le 24, c'est l'anniversaire de ma belle-mère, la grand-mère de mes enfants, ma meilleure amie. Je ne voyais pas de meilleur moment que celui-là pour leur annoncer à tous que la famille allait s'agrandir.
Ensuite, je n'ai annoncé ma grossesse "publiquement" que quelques semaines plus tard, car j'avais envie de savourer cette nouvelle pour moi d'abord.

Les symptômes


Pour en être à ma troisième grossesse, je réalise que la première, qui m'avait semblé difficile à l'époque, a en fait été un véritable rêve. Lors de ma deuxième grossesse, j'ai vomi tous les matins et tous les soirs pendant le premier trimestre mais je n'ai pas vraiment beaucoup souffert d'autres symptômes. 
Par contre cette fois, le premier trimestre a été rude! J'avais la nausée constamment, et seul le fait de manger me soulageait, donc je grignotais du matin au soir tout en me sentant vaseuse. J'ai également eu très vite des douleurs au niveau du dos et des fesses. Et j'ai aussi ressenti très tôt cette fatigue typique de la grossesse, qui vous assomme d'un coup et peut vous endormir même en plein milieu d'une conversation. Mais le pire, ce sont les migraines. Elles viennent d'un coup, on ne supporte plus rien et on n'a qu'une envie : s'enfermer dans le noir et le silence.
La grossesse a également eu un impact sur mon allaitement. Ce n'est pas toujours le cas et si j'y avais investi plus de temps et d'énergie, j'allaiterais peut-être toujours Eléa aujourd'hui. J'ai eu une baisse notable de lactation, et c'est arrivé pile au moment où les symptômes étaient à leur apogée. J'assurais le service minimum à la maison de façon automatique et le reste du temps, j'étais en mode zombie. Mes seins étaient hyper sensibles et quand elle "tétouillait", douloureux. Au même moment, Eléa s'est désintéressée du sein : elle mangeait de plus en plus solide et réclamait lait et eau à la paille ou au biberon. En trois semaines, notre allaitement était terminé, avec un mélange de tristesse et de soulagement, mais sans souffrance pour ma petite guerrière. D'ici quelques mois, une nouvelle aventure lactée commencera pour BB3 et moi, Eléa n'aura que 18 mois, peut-être qu'elle manifestera à nouveau de l'intérêt pour la tétée... Nous verrons bien!


Le poids


Forcément, quand on est obèse, se pose très vite la question de la gestion du poids pendant la grossesse. Ou plutôt s'impose. Les médecins vous l'imposent. Sans ménagement, sans délicatesse parce que de toute façon, une personne grosse est responsable de son état. La grossophobie médicale, je pourrais vous en raconter des choses...
Moi aussi cela me tracasse, forcément. En plus quand j'ai appris ma grossesse, je venais péniblement de perdre 10 kilos en 9 mois... alors oui, le poids est au centre de mes préoccupations. Mais je n'ai pas envie de me sentir accablée de honte à chaque kilo pris, comme lors de mes précédentes grossesses. J'ai envie de vivre cette grossesse dans la sérénité et la bienveillance.
Lors de ce premier trimestre, j'ai déjà pris 2.9 kg. Ce qui est beaucoup, si on se place du point de vue médical et que l'on prend en compte mon obésité : la "norme" veut que je prenne de 6 à 10 kg maximum sur toute la durée de ma grossesse. Sachant que la prise de poids est plus importante au dernier trimestre, j'avais déjà pris de 30 à 50% du poids "autorisé".
Mais ce n'est pas tant que ça, si on considère que le grignotage était la seule façon pour moi de calmer les nausées. Et que j'ai arrêté de fumer mon 3/4 de paquet par jour.
Je vais donc suivre ça de très près pour la suite mais sans me culpabiliser. Car cette grossesse est sûrement pour moi la dernière et j'ai envie de la savourer.



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